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Astuces pour négocier comme un pro en voyage

Êtes-vous du genre à obtenir un bon prix dans les marchés d’Amérique centrale ou à vous faire arnaquer par les chauffeurs de taxi en Asie?

En tant que voyageurs, on doit souvent faire appel à nos talents de négociateurs, car dans plusieurs pays, négocier est la norme. Heureusement, même si vous n’êtes pas très doués, tout comme moi, certaines techniques vous aideront à obtenir les meilleurs prix.

J’ai demandé à mes collègues blogueurs de me donner quelques astuces et anecdotes pour vous aider.

Ces trucs me permettent de ne pas me faire avoir par les marchands turcs, les vendeurs de fruits thaïlandais et les chauffeurs de taxi de partout! Ahah! #negociation #voyage #budgettravel #backpacker #backpacking #Asie #Ameriquecentrale

1. Fixez vous un prix maximum

Le premier conseil est de fixer le prix maximum que vous êtes prêts à payer pour l’objet que vous avez en tête. Bien entendu, gardez ce prix secret! À mon avis, pour sortir de bonne humeur du jeu des négociations, le but est d’être satisfait du prix obtenu. Est-ce que ce prix est toujours le plus bas possible? Peut-être pas, mais si vous n’avez pas dépassé le prix que vous vous étiez fixé, vous ne devriez pas être déçus. C’est l’attitude que j’ai adoptée au Grand Bazar d’Istanbul.

2. Utilisez l’humour

Rigolez avec les marchands et faites des blagues. Non seulement ça détendra l’atmosphère, mais en plus ça incitera à la discussion.

Anecdote de Jennifer, de Moi, mes souliers

Vous savez ce moment pendant lequel le marchand vous donne son premier prix et que vous avez à l’intérieur une réaction du type: je suis vraiment en train de me faire avoir? Ça arrive souvent dans les marchés que j’affectionne particulièrement. Au fil des ans, j’ai développé une technique pour tourner en humour cet instant un peu bizarre où l’on doit commencer les négociations sans trop heurter les mœurs locales. Puis, en plus, on ne sait jamais vraiment quel est le bon prix, juste et équitable, mais pas non plus exagéré pour les touristes…

Ma technique: je rigole un peu et je dis avec un gros sourire dessiné sur mes lèvres: « Mais c’est le prix de gringo (ou tout autre mot local qui veut dire l’équivalent) ça?« . 9 fois sur 10, le marchand se met aussi à rire et baisse son prix. Je refais une offre, il réajuste, et nous marchandons en rigolant. Ça ne marche pas toujours, mais ça incite à la discussion. On me demande d’où je viens, on décrit encore mieux l’article, et ainsi de suite. C’est plus familier et amusant qu’en négociant ferme et sans le sourire!

Négocier en gardant le sourire, une technique à mettre en pratique

Anecdote de Catherine, du blogue The Go Fever

Voyager, c’est un peu un jeu. Comment réussir à se rendre du point A au point B sans anicroches, comment accumuler de l’énergie pour continuer sa route, comment éviter de perdre trop de plumes au détour d’une longue et dure journée… Négocier, dans ces cas-là, devient une seconde nature, tout comme l’arnaque chez l’habitant.

Certains pays ayant des réputations qui les précèdent, de savoir à quoi s’attendre est toujours un plus, et surtout, surtout, de garder son sens de l’humour. Malgré moi, j’ai développé une personnalité « j’en ai vu d’autres » assez légère, ce qui fait qu’en balade dans un souk égyptien ou dans un taxi marocain, on ne me la fait pas. Mon ami, je le sais que tu m’arnaques, et tu sais quoi? Toi et moi on va en rire un peu, parce que je ne suis pas aussi dupe que j’en ai l’air!

Récemment, dans un souk à Tunis, l’arnaque était si évidente et grossière que je suis entrée dans la boutique suivante en demandant au propriétaire « bon alors comment vous pourriez m’arnaquer aujourd’hui?! » Je connais la chanson, alors aussi bien en rire et faire rire tout le monde.

Ça a fonctionné à merveille, et au détour de ces expériences, on en ressort en ayant fait de belles rencontres, et en ayant payé des prix raisonnables. Tout ça sans chicane!

3. Faites du repérage

Ne débutez pas les négociations chez le premier marchand que vous croisez. Assurez-vous de faire le tour du marché pour avoir une meilleure idée des prix.

Anecdote de Caroline, de Fais ta valise

Si vous prévoyez de voyager au Guatemala, vous aurez forcement entendu parlé du fameux Marché de Chichicastenango. Ce marché Maya, situé sur les hauteurs de la région El Quiché, est le plus ancien d’Amérique Centrale. On ne va pas se le cacher, le marché de « Chichi », comme les locaux aiment l’appeler, est très touristique et de nombreux bus y déposent des centaines de voyageurs le temps d’une demi-journée.

Sur place, on peut acheter toutes sortes de souvenirs: tissus colorés, broderies, hamacs, masques en bois, vêtements traditionnels, épices etc.

Qui dit marché touristique dit également prix pour touristes. Comme un vendeur me l’a dit au Marché «Toi t’as les dollars, toi t’es riche». Les marchands n’auront aucun scrupule à tripler le prix spécialement pour nous.

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce marché est un vrai labyrinthe de plusieurs kilomètres ou l’on retrouve exactement les mêmes produits sur plusieurs étales. La concurrence est rude, ce qui est un atout pour nous!

La première chose à faire dans un marché comme celui-ci, que ce soit au Guatemala ou ailleurs, est de faire du repérage et de demander les prix afin de se faire une idée sur la valeur du produit.

Une fois le repérage effectué, il est temps de passer à la vitesse supérieure et d’ouvrir les négociations. Dans mon cas, je voulais absolument rapporter une broderie de Quetzals, oiseau emblématique du pays. Bien entendu, les différents vendeurs que j’ai abordés m’ont tous annoncé le prix fort.

J’ouvre les négociations avec mon argument choc: Je suis très intéressée mais j’ai un petit budget et j’ai trouvé moins cher chez votre voisin qui propose la même chose un peu plus loin.

Après de longues minutes de négociation, victoire, j’obtiens ma broderie à moitié prix!

4. Au Moyen-Orient, soyez le premier client de la journée

Une superstition règne au Moyen-Orient, qui voudrait que le premier client de la journée porte chance. Les vendeurs sont plus enclins à réaliser une vente si vous êtes la première personne à visiter leur boutique, car si vous quittez sans acheter, ce sera une mauvaise journée pour les affaires. Utilisez l’horloge à votre avantage et levez-vous tôt!

Bien négocier dans les marchés. Une aptitude qui s'apprend. - Photo par Catherine, The Go Fever

Photo par Catherine, The Go Fever

5. Utilisez la séduction

Si vous n’êtes pas trop timides, pourquoi ne pas utiliser la séduction comme moyen de négociation?

Anecdote de Laetitia, de Clouzote

Lorsque j’étais en Asie, mon truc pour bien négocier ce que je voulais, c’était l’astuce que j’appelais le « poker face ». Je m’explique. Je faisais toujours en sorte d’être bien habillée et d’avoir une belle mine, histoire d’être un peu cute. Quand je sortais dans la rue, j’avais une avalanche de chauffeurs de tuk tuk qui me tombait dessus. C’est à ce moment que je sortais mes cartes qui se jouaient en trois coups.

  • Premièrement, je sortais mon meilleur sourire tout en faisant les yeux doux en disant « bonjour » dans la langue locale histoire de leur montrer que j’ai du respect pour eux.
  • Deuxièmement, je continuais de marcher un peu pour bien me faire désirer. Après 1 minute, je demandais le prix. En général c’était assez élevé, donc mon truc pour bien faire descendre les enchères était de faire ma fille toute mignonne en négociant un autre prix en lui offrant un énorme sourire suivi d’un regard de braise. Je faisais en sorte de rentrer dans son jeu tout en le dirigeant vers ce que moi je voulais.
  • Coup de grâce. Je finissais par lui tendre la main, en lui jetant un « Come on. For a smart Canadian girl who loves your country and its people ». Et BAM! Le gas s’est laissé séduire sans s’en rendre compte et en un rien de temps sa main a fini dans la mienne et le deal était fait.

Le tout, en fait, c’est d’arriver à choper la main de la personne avec qui vous négociez, car ça fait très business woman, et ça ils adorent!

6. Jouez la comédie

Exagérez vos réactions et  prétendez être choqués ou extrêmement déçus à l’annonce d’un prix.

Anecdote de Ambre & Nicolas, de Travelando

Après un an en Amérique du Sud, nous sommes devenus experts dans l’art de la négociation. Lors d’un voyage au long cours, grappiller quelques euros chaque jour peut faire une grosse différence !

C’est ainsi que nous avons développé une technique en trois temps :

Première étape : le juste prix

Avec vos têtes de gringos repérables à 100 km, les commerçants sont forcément tentés de vous arnaquer. Il convient alors de mener une enquête digne de Sherlock Holmes pour découvrir la vraie valeur d’un bien ou d’un service. Interrogez plusieurs témoins clés, des personnes sans lien avec le commerçant. En recoupant différentes informations, vous aurez une estimation du prix réel que payent les locaux.

Deuxième étape : l’approche

Demandez au commerçant combien coûte sa marchandise, en prenant bien soin de montrer un léger désintérêt. S’il vous annonce un prix exorbitant, passez sans tarder à la dernière étape.

Troisième étape : en route vers l’oscar

Fort de l’information capitale apprise lors de l’étape une, vous pouvez sortir votre jeu d’acteur. « COMMENT? Cette chambre d’hôtel coûte 400 pesos ? C’est incroyable, il doit y avoir malentendu. Ce jeune homme là bas vient de m’affirmer qu’il payait la moitié. » Si vous avez mis votre interlocuteur mal à l’aise, c’est gagné. Sinon, prenez un air extrêmement peiné et rebroussez chemin, la larme à l’œil. «Quel dommage, cet hôtel me rappelle la maison de mon enfance, j’aurais tellement aimé y passer la nuit mais mon budget ne me le permet pas…»

N’hésitez pas à jouer la comédie lorsqu’un commerçant gonfle ses prix ! Et si vous n’arrivez pas à avoir une réduction, qui sait, on vous offrira peut être un rôle dans le prochain blockbuster…

Apprendre à négocier au Grand Bazar d'Istanbul

7. Espionnez les locaux

Cette technique fonctionne particulièrement bien dans les marchés alimentaires. Placez vous derrière des locaux, et essayez d’entendre le prix qu’ils proposent ou de voir l’argent qu’ils tendent au marchand. J’ai utilisé cette technique bien souvent pour avoir une idée des prix. C’est encore plus facile quand vous vous trouvez dans un endroit où les billets sont colorés selon leur valeur.

8. Ayez des petites coupures

Parlant de billets, assurez-vous de toujours avoir des petites coupures sur vous. Difficile de négocier un Pad Thai à 20 bahts quand on n’a qu’un billet de 100 sur nous! En plus, certains marchands vous diront qu’ils n’ont pas de monnaie pour tenter d’aller chercher une petite commission supplémentaire.

Ayez la monnaie juste.

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Avoir des petites coupures pour mieux négocier

Photo d’Unsplash

Pour finir, sachez qu’une fois qu’une offre est acceptée des deux parties, c’est final! Sinon, ça ne respecte pas les règles du jeu. Continuer les négociations après un accord, ce n’est pas très pro.

N’oubliez pas que la négociation est avant tout un jeu, et que l’important est que vous soyez satisfaits du prix que VOUS avez payé…peu importe si votre voisin a eu mieux.

Bonne négociation!

Vous avez d’autres astuces ou anecdotes à nous partager? Laissez-les en commentaires de cette article!

 

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4 Commentaires

  • Reply Caroline janvier 18, 2018 at 9:43

    Merci pour ce bel article Annie.
    C’est très intéressant de découvrir les techniques de chacun. Je n’avais jamais pensé à l’espionnage, je vais garder ça dans un coin de ma tête pour un prochain voyage !

    • Reply Annie Anywhere janvier 18, 2018 at 9:57

      Hihi! Le tout est de réussir à être un bon espion, sans se faire repérer! Ahah!

  • Reply Nicolas janvier 19, 2018 at 2:39

    Merci Annie pour cet article qui réunit effectivement une belle palette de techniques !
    Regarder ou écouter combien payent les locaux est en effet une bonne technique pour dire ensuite au commerçant « Eh oh!? Pourquoi moi je paye trois fois plus cher que le monsieur juste avant ?! ». Mais même ça, parfois, ça ne suffit pas à les faire renoncer !
    C’est plus qu’un jeu la négociation, c’est carrément un sport :-)

    • Reply Annie Anywhere janvier 19, 2018 at 2:40

      Oui dans certains pays, c’est carrément un sport extrême! Ahah! Ahum… Moyen-Orient…

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